Des membres de GRENE ont visité durant le mois de juin, trois anciennes gravières qui ont été renaturées afin de les incorporer dans le grand ENS départemental de la forêt alluviale du Grésivaudan.
Lise Aknin, une étudiante membre de GRENE à participé à ces visites et nous les fait découvrir


Le « SYMBHI », Syndicat Mixte des Bassins Hydrauliques de l’Isère, a lancé un programme d’études et d’ opérations. Les objectifs sont de :

  • Redonner de l’espace à la rivière.
  • Développer la fréquentation des berges de l’Isère grâce à des aménagements
  • Valoriser les milieux naturels en rétablissant gravières, corridor,…

Ces travaux importants d’intérêt général entrepris dans le plan « ISÈRE AMONT » contre le risque d’inondation, afin de donner de l’espace à l’Isère, a entraîné le défrichement de plusieurs espaces. C’est donc dans le but de remédier à cela, que des mesures compensatoires ont été prises afin de recréer des espaces naturels (le Bois Claret, les délaissés de Sainte Marie d’Alloix, Étang pacifique, La gravière de Manon…)

En 2007, le SYMBHI a donc planifié un périmètre le long de l’Isère : « ENS Départemental, Forêts alluviales du Grésivaudan », et a acheté des terrains comme des anciennes gravières, mais aussi des terrains agricoles ( grâce à son droit d’expropriation le Syndicat permet de pouvoir prendre les décisions qu’il juge bon d’un point de vue écologique). Il est acheteur, crée des infrastructures et en est le propriétaire, mais fait appel au département pour les gérer par convention.

La plupart des espaces réaménagés sont d’anciennes gravières. Tout d’abord qu’est ce qu’une gravière ?

Une gravière est une carrière, lieu d’où sont extraits des matériaux de construction tels que la pierre, le sable ou différents minéraux. Sauf que la gravière produit des granulats que l’on appelle aussi agrégat (roche de taille inférieure à 125 mm) destinés à la fabrication d’ouvrages de travaux publics, génie civil ou bâtiment. Une gravière se trouve souvent dans les vallées où la nappe phréatique est élevée si bien qu’elle se remplisse souvent d’eau et évolue donc en marre ou en étang. Celles-ci ont été créés dans les années 60 afin d’extraire les matériaux nécessaires à la création de l’autoroute A 41.

Pour passer d’une gravière à un étang comme celui du Bois Claret, plusieurs travaux sont effectués :

Il faut faire en sorte que les berges soient moins brutes afin de permettre la colonisation de faune et de flore aquatique. Créer des hauts fonds pour les herbiers aquatiques, immerger des troncs d’arbres, plantation de roseau et jonc en enclos, …

Pour cela, ils se sont servis des matériaux prélevés dans la rivière pour lui redonner de l’espace, et les ont transféré dans « l’étang ».

Visite du site du Bois Claret

Le Bois Claret se situe à Bernin entre l’A41 et l’Isère, Auparavant nommée gravière « Debernardi », celle-ci a fait l’objet d’un programme de renaturation similaire à celui achevé à l’étang Pacific (Bois Français).

 Les travaux dans cet espace ont commencé en 2015. Ce site avait une particularité car il était contaminé par la renouée de japon, il a donc été immergé afin de s’en débarrasser.

Deux autres soucis sont survenus lors de la mise en place.

Le premier est un soucis survenant dans l’étang : la grosse population de carpes d’amour, et de ragondins empêche la prolifération du roseaux hors de l’enclos car il est tout de suite brouté par ceux-ci.

Le deuxième soucis survenant sur les berges : L’invasion de buddleia et de robinier comme nous avons pu le voir lors de notre visite.

Faune et Flore :

Lors de notre visite nous avons pu observer dans la faune :

  • Des foulques et des libellules comme l’Adonis

La flore n’en était pas moins fournie avec une végétation terrestre et aquatique équilibrée dans l’espace :

  • l’ aponogeton (aquatique), nénuphar (aquatique), roseraie (aquatique), Robinia pseudacacia, Fraxinus, Alnus incana, Cornus sanguinea, Crataegus monogyna, Salix, Typha minima,

Le site de Bois-Claret est également utilisé dans le cadre du plan de gestion de la petite massette, cette plante protégée dont l’habitat est lié aux paysages fluviaux alpins. Ses graines sont disséminées sur place mais, à la faveur de petites crues, elles forment de nouvelles colonies sur d’autres rives plus loin en aval. Le projet Isère amont contribuera à terme à favoriser cette colonisation naturelle du « Typha minima »

 

Site délaissé de Sainte Marie d’Alloix

Les Délaissés de Sainte Marie d’Alloix représentent l’un des premiers sites du projet Isère amont faisant l’objet de travaux de renaturation. Le Symbhi lance en 2017 les travaux qui va consister au terrassement et à l’aménagement environnemental des Délaissés de Sainte-Marie-d’Alloix.

 Le site était occupé partiellement par un terrain de moto cross circulant dans un milieu ouvert de friche humide, bancs nus de graviers, colonisé par des arbustes dont le buddleia(arbre à papillon).

Le site a fait l’objet d’une première phase d’aménagement avec la réalisation d’un nouveau lit du ruisseau d’Alloix à la confluence avec l’Isère, et la pose d’une passerelle pour les cheminements. Les travaux consistent en :

  • des terrassements
  • la création de 3 mares phréatiques et fossés de connexions
  • des protections de berges
  • des plantations (760 jeunes plants) et des engazonnements.

 

Visite sur le site de Montbonnot.

Entre le pont de Domène et Montbonnot se situe la carrière SOFACI crée en 1960. Les déchets ultimes inertes sont utilisés afin de combler d’anciennes zones d’exploitation qui sont réhabiliter, zones à nouveau cultivables, en plan d’eau de pêche ou encore en espaces à contexte écologique.

 

Le site que nous avons visité le 10/06 comprend la carrière toujours en activité, entre l’étang Bougie et l’étang Pescadou, où des guêpiers d’Europe (Merops apiaster) ont établis leurs nids.

         

Ainsi que l’étang du pacifique où nous avons aperçu plusieurs espèces comme le héron cendré (Ardea Cinerea), le crabier chevelu (Ardeola ralloides) ainsi que des foulques (Fulica Atra).

L’association GRENE est très concernée par ces Espaces Naturels Sensibles qui ramènent une biodiversité époustouflante dans la vallée du Grésivaudan. Non seulement les ENS, mais aussi les zones intra-digues qui représentent environ 250 hectares. Ce sont des endroits très intéressants écologiquement parlant, car ils retrouvent une dynamique de forêts alluviales grâce à la reconnexion avec le battement de la nappe phréatique


L'association GRENE est membre de la FRAPNA Isère

FRAPNA